La militarisation des frontières européennes: la terreur quotidienne au Maroc

Dans cette période, où des milliers de gens traversent la Méditerranée, l’Union Européenne et la soi-disante communauté internationale continuent à coup de millions d’euros à “sécuriser” ses frontières et à empêcher l’assaut du continent par ces “migrants voyous“. Comme des rapports récents ont démasqués, les ministres et les chefs d’État de l’UE prévoient une stratégie militaire dans la Méditerranéenne, pour détruire les bateaux des prétendus “trafiquants” en collaboration avec la dynamique agence Frontex.

Cette guerre contre les migrants et plus récemment la guerre contre les passeurs, désignés comme les “responsables” de ces tragédies, font parties de l’agenda de l’Union Européenne. La Commission européenne fournit des programmes régionaux de développement et de protection destinés à l’Afrique du Nord, de l’Ouest, et dans la Corne de l’Afrique (Pour un bon aperçu sur le régime de gestion de frontières en Afrique, voir El Diario Desalambre). Pour le Maroc, l’UE a déjà approuvé un budget de plus que 150 millions d’euros dans le nouveau Plan d‘Action UE-Maroc. Le processus de régularisation qui s’en est suivi, concernant 17000 migrants et étrangers, lancé par le gouvernement marocain, s’est accompagné dans le même temps d’une grande présence policière autour des frontières de Ceuta et Melilla et des raids continus sur les camps.

Les autorités marocaines ont adopté une politique d’agression militarisée systématique.  

Ainsi depuis février 2015, ils ont lancé une campagne d’assaut contre les migrants à la frontière Nord du Maroc pour rendre leurs vies insupportables (voir aussi des reports des organisations marocaines des droits humains: AMDH 17/2/15, GADEM 12/2/15, GADEM 19/2/2015). Comme un responsable de la préfecture de Nador a affirmé à l’AMDH (Association Marocaine des Droits Humains) à Nador, les autorités ne comptent plus accepter des campements dans les forêts auprès de la frontière Nador-Melilla. Concrètement, pendant le ratissage d’ampleur au mois de février ou environ 1200 migrants ont été arrêtés, déportés dans des camps improvisés dans le sud du Maroc (voir la carte de GADEM avec les lieux de détention des migrants), les autorités marocaines bafouent toutes les règles des droits humains: Ils ont arrêté des mineurs, des personnes avec papiers, ils ont enfermé des centaines de personnes pendant des semaines sans raison, sans justification, sans soutien juridique – contre le droit de libre circulation à l’intérieur d’un état (Art. 13 DUDH), le droit de protection contre la détention arbitraire (Art. 9 DUDH), entre autres. Les campements de Gourougou où les migrants se réfugiaient pour organiser leur passage par les grillages de Melilla ont été complètement détruits. Actuellement, il n’y a quasiment plus personne qui y vit, la majorité d’entre eux s’étant installés dans des forets plus éloignées autour de Nador, Tetouane, Fes et Ceuta. 

Vidéo du ratissage à Bolingo le 25 Février

Dans la même logique – la guerre contre les migrants menée par l’UE – la police marocaine et leur forces auxiliaires continuent actuellement à venir dans ces divers camps pour contrôler, arrêter certains et brûler les affaires des migrants. 

Le 13 mars 2015, les autorités ont effectué des ratissages dans les camps de Bolingo, Baquoya et Afrah, ils ont détruit les campements, ont arrêté encore une fois beaucoup des gens, surtout des femmes et enfants. La police n’hésite pas à affirmer que ces opérations sont payées par l’UE. 

Les mêmes attaques se reproduisent un mois plus tard:      

Le 14, 22-24 et le 28 avril 2015, les autorités ont refait des rafles, dans les forêts de Selouan, Zoutya et Lakhmis Akdim où des anciens habitants de Gourougou vivent désormais. La police a attaqué les migrants physiquement, il y a eu plusieurs blessés. Ils ont brûlé leurs affaires personnelles (bunkers, vêtements, nourriture) et leurs équipements pour les voyages en bateau

Le 29 avril 2015, la police détruit complètement le campement de Bolingo avec à nouveau beaucoup d’arrestations dont des femmes. 

Les trois premières semaines du mois de Mai il y a encore eu des rafles et des arrestations de personnes qui circulent dans les marchés ou font de la mendicité, peu importe s’ils ont la carte de séjour ou non.

La semaine du 10-17 mai 2015 la police de Tanger a effectué des rafles contre les immigrés subsahariens dans la ville de Tanger, plusieurs ont été attrapées et deportées dans différentes zones du pays (comme Casablanca, Rabat, Meknez y Asilah)  

Le 5 juni 2015: les autorités marocaines font une autre rafle dans une partie du camp de Cassiago (en dehors de Ceuta), dans la Petite Forêt.

En conséquence de ces mois d’agressions physiques et terreurs psychologiques, les migrants dans les forêts vivent dans une angoisse constante, des hélicoptères inspectent les camps continuellement. Ils ne savent pas de quoi sera fait le lendemain, où ils vont dormir la nuit suivante, ce qu’ils vont manger. Les petites contributions matérielles n’arrivent pas (l’église n’est guère active) ou sont directement brûlées le jour après la distribution par des policiers intervenant dans le camp – par exemple le 12 Mai à Bolingo. 

C’est au nom de l’Union Européenne, et suite à son approche militaire  que les migrants vivent la terreur quotidienne au Maroc. Nous témoignons d’une véritable guerre contre les migrants – dissimuler derrière un discours hypocrite de guerre aux “trafiquants”, aux “mafias”. 

Mais qui sont les “trafiquants”? 

Aux fins du Protocole additionnel à la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants, l’expression “traite des personnes” désigne ‘le recrutement, le transport, le transfert, l’hébergement ou l’accueil de personnes, par la menace de recours ou le recours à la force ou à d’autres formes de contrainte, par enlèvement, fraude, tromperie, abus d’autorité ou d’une situation de vulnérabilité, ou par l’offre ou l’acceptation de paiements ou d’avantages pour obtenir le consentement d’une personne ayant autorité sur une autre aux fins d’exploitation’ (Art. 3).

Mais la “traite d’êtres humains” ne sera jamais nommée comme tel quand les agents de l’état (marocains et espagnols) se font payer pour laisser des bateaux partir, ou pour laisser des gens entrer dans les enclaves Ceuta et Melilla.

La “traite”, ne sera jamais nommée comme tel quand le Maroc utilise un “réservoir” de migrants parqués dans des villes ou des camps comme mode de chantage pour obtenir de l’ Europe de nouveaux financements.

La “traite”, ne sera jamais nommée comme tel quand des autorités européennes et Espagnoles payent à coups de millions d’autres états afin qu’ils empêchent les mouvements de personnes par milliers, finançant ici le Maroc pour qu’ils repoussent les migrants loin des frontières, refoulent avec violence voir tuent (comme le 6 février 2014 à Ceuta) les migrants qui tentent le passage, externalisent les frontières afin d’empêcher les migrations au départ des pays subsahariens, mettent les moyens financiers et militaires pour déporter, etc.

Ces agissements ne sont pas définis comme des traites d’êtres humains puisqu’il s’agit “pour la sécurité de l’Europe” “d’empêcher les passages” et non “d’encourager les passages”. Et pourtant: beaucoup des dit passeurs eux, ne font que passer mais en revanche les pouvoirs en place manipulent les gens de bout en bout, les empêche d’entrer, de sortir, de bouger librement, les parquant dans des camps quand ça les arrange, les laissant errer au fil des contrats et les matraquent pour valider les transactions. Les êtres humains deviennent des moyens de pression et une monnaie d’échange entre des réseaux capitalistes et entre les états.

La mafia, c’est l’état.

Tandis que le chef du gouvernement marocain, Benkirane, “refuse de jouer le rôle de gendarme de l’Europe, tout en soutenant les mesures prises contre l’émigration clandestine“, le financement par la Commission Européenne de ces moyens répressifs au Maroc reste obscure.  La collaboration va de versement sur des comptes à des accords avec l’Europe et plus précisément ici l’Espagne, à des promesses d’aide et de coopération, des promesses de facilitation dé délivrance des visas aux citoyens Marocains comme monnaie d’échange. L’intervention et le rôle de l’agence Frontex aux frontières Maroc/Espagne reste des plus obscur même si nous apprenons que des “chefs” de FRONTEX font régulièrement des “visites” à Melilla et Ceuta. Pour renforcer “leurs contrôles aux frontières”, l’Union Européenne va jusqu’à proposer au Maroc et à l’Algérie la construction d’ une base aérienne de drones.

Des milliers de migrants sont aux portes de l’Europe, emprisonnés par cette mafia Européenne et Étatiques. Certains sont dans les forets au Maroc depuis des mois voir des années. Beaucoup nous parlent d’une police mafieuse étant impliquée directement dans le trafic de drogues et de trafiquants aux frontières: Selon les témoignages récoltés dans les foret environnantes de Nador d’ou les migrants essaient de traverser la méditerranée en zodiac, la police marocaine participe aux business de l’embarcation: Les zodiacs, leurs moteurs et le matériels saisis par les militaires et la police qui gardent la frontière, sont souvent revendus aux subsahariens dans les forets. Ils les encouragent à reprendre la traversée et certains des membres de cette mafia militaire va jusqu’à proposer l’encadrement de ces embarcations moyennant un paiement important.

Alorsque la foret de Gourougou et les assauts des grillages (nommés attaques par les migrants) étaient auto-organisés et sans valeur économiques pour les mafias de l’état (Guardia Civile et police marocaine), les tentatives de passage en Zodiac font profiter cette mafia. C’est la raison pour laquelle, avant, la police avait épargne ces autres forêts autour de Nador où les gens préparent le voyage en bateau. Depuis la destruction du camp de Gourougou, cela a changé: désormais, tous les migrants dans le Maroc du nord sont la cible de cette guerre contre les migrants.

SOLIDARITÉ!

ARRETEZ LA GUERRE AUX MIGRANTS!

POUR LE DROIT DE LIBRE CIRCULATION!

NO BORDERS!

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