Déportations massives et assassines des migrants à Boukhalef: UPDATE

Depuis déjà plusieurs années des migrants, principalement subsahariens, ont trouvé refuge à Boukhalef, département près de Tanger. Certains y font leur vie, certains ont obtenu leur régularisation, d’autres sont de passage et sont accueillis par leur communauté en attendant de tenter leurs passages vers l’Europe.
Régulièrement les subsahariens  dans ce quartier se font harceler, parfois violemment par des Marocains du quartier ou d’ailleurs, imprégnés par des idéologies racistes .
Hier, le 01/07/2015 à nouveau plus de 200 policiers et militaires se sont déployés dans le quartier de Boukhalef, bien décidés à évacuer tous les “noirs”. Les forces de l’ordre ont quadrillé tout le quartier, faisait du porte à porte pour déloger tous ceux qui ressemblaient à des “subsahariens”. Sous le prétexte de déloger des squatteurs ( «Le respect de la propriété privée est garanti par la loi”) tous ont été amenés. Une majorité de ces “squatteurs” payaient bel et bien un “loyer” à celui qui prétendait être le propriétaire du lieu, le contrat étant bien souvent oral.
Les autorités ont utilisés des arguments caduc dans le but de nettoyer Boukhalef de ces migrants,de maintenir les sentiments racistes ambiants et de montrer à l’Europe qu’il continue à jouer les gardes frontières. 
Encore une fois cette violence à fait un mort et une personne gravement blessé.
500 personnes ont été arrêtées et déportées en bus vers des villes au sud du Maroc. D’autres sont parvenus à fuir et se retrouvent dans les forêts avoisinantes ou dans la medina de Tanger, ayant perdus tout leur bien et cherchant des endroits pour dormir.
Et un mot de M. Skakri de l’AMDH :
 
“L’évacuation ne va pas régler les problèmes car la majorité des immigrés, qui ont quitté le quartier en attendant que les autorités terminent l’opération, y retourneront faute de logement”
Voici le communiqué du GADEM sur la situation actuelle: Tanger – quartier Boukhalef : Opération d’évacuation discriminatoire contre les Noirs non ressortissants“.
Chronologie :

21/06/2015: Des groupes racistes ont fait une manifestation contre la présence des Subsahariens à Boukhalef. Des migrants et des marocains qui vivent a Boukhalef ensemble ont arrêté la manif et ont calmé la situation. Ce 21 et 22 juin un groupe de marocains racistes a menacé une maison des subsahariens, ils les ont accusés d’avoir vendu de l’alcool durant le Ramadan; en conséquence, ils ont forcé les migrants à sortir de leur maison.
La nuit du 22/23 juin, la violence s’est intensifiée. Un groupe assez large a encore forcé des migrants à Boukhalef hors de leurs maisons (Hommes, femmes, enfants avec ou sans cartes de séjour) , en jetant des affaires personnelles dans la rue (des matelas, des frigos, des vêtements, des sacs, des tables, des couvertures).
Vidéo tourné par un militant ici:
24/06 
« Ce sont des voyous, des clochards, de Boukhalef mais aussi d’autres quartiers alentours. Ils essayent de déloger les habitants, la jalousie provoque la haine. Mais dans mon cas, je loue bien mon appartement », nous explique le Congolais.
28/06:
Sit-in par des Marocains à Boukhalef contre  les “comportements illégaux” des migrants.
30/06 Ultimatum lancé par les autorités de libérer les appartements squattés (non loués!!!) dans les 24h suivantes: “Si les appartements ne sont pas évacués dans les 24 heures, les autorités seront dans l’obligation d’intervenir pour évacuer les occupants afin de remettre les dits appartements à leurs propriétaires conformément à la législation en vigueur”, avertit le ministère.                               
30/06
Présence de quelques policiers et d’un hélicoptère. Les premiers migrants quittent “volontairement”: deux bus avec 26 et 36 personnes sont déportées dans le Sud du Maroc, mais ces premières expulsions se déroulent encore sans violence physique. 
Le 01/07 à l’aube: Boukhalef encerclé par 200 militaires, la police et les Forces auxiliaires. 
Rafles dans les maisons et arrestations. La police éjecte les migrants de leur maison, même s’ ils ont une preuve de paiement du loyer ou s’ils ont des papiers. Les ‘noirs’ sont systématiquement contrôlés dans la rue. La police fait du porte à porte pour expulser les habitants des logements. Des nouveaux bus arrivent. Les migrants qui refusent la déportation sont battus et emmenés par force.                                
Une personne décédée: Mohamed Kone, née 1986 en Côte d’Ivoire, tombe du quatrième étage d‘un immeuble suite à la rafle (Photo du corps de Mohamed Kone)  Il est amené à l’hôpital où il succombe à ses blessures. Jusqu’à maintenant, la raison de sa mort reste obscure. 
01/07: 500 arrestations à 15 heures selon media 24 et “cela continuera jusque tard dans la soirée”, 
Une deuxième personnes est blessée par une lame tranchante et est hospitalisée dans un état grave, une troisième personne est également blessée gravement. 
Actuellement ce 02/06, il y a toujours une présence policière à Boukhalef, chaque personne noire est contrôlée.
Comme la campagne de déportation et destruction menée à Nador depuis février, ces attaques et expulsions à Boukhalef ne sont qu’une autre tentative à terroriser les migrants aux frontières européennes externalisées!

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