Résume non exhaustif janvier 2017

La guerre contre les migrants menée par le Maroc et l’UE à la frontière Maroc/Espagne a fait en ce début d’année nettement plus de blessé(e)s ,mort(e)s et de disparu(e)s. Suite à la répression intense de la police marocaine dans les villes, les camps et les forets du Nord du Maroc beaucoup de migrant(e)s essayent dans la précipitation de traverser la frontière, ce qui amènent de graves accidents parfois mortels.

La police,l’armée,les frontières tuent !

A bas l’Europforteresse

01/01/2017

Malaga

Premier convoi de l’année

52 Boza

http://cadenaser.com/emisora/2017/01/01/ser_malaga/1483274283_587119.html

Famara

13 Boza

http://www.lavozdelanzarote.com/articulo/sucesos/llega-patera-catorce-inmigrantes-playa-famara/20170101100039113130.html

Ceuta

Premier tentative de l’année par 1100 migrants,

Premier retour à chaud de l’année de 104 migrants

Les deux premiers morts de l’année Continue reading

Nouvelle Publication: Brochure VOIX DES FRONTIÈRES

title-image-brochure-voix-des-frontieresNoBordersMaroc et Alarmphone viennent de publier la brochure VOIX DES FRONTIÈRES! Une collection d’articles, témoignages, analyses et contributions artistiques qui dénoncent le régime européen des frontières et ses conséquences inhumaines! La brochure, écrite principalement par des militant*e*s d’Afrique du Nord et de l’Ouest, traite de la situation à la frontière Maroc-Espagne dans le contexte plus large des relations Europe-Afrique.

Vous pouvez télécharger la brochure (en anglais et français, en partie en arabe et wolof) ici:

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Si vous voulez recevoir des exemplaires imprimés chez vous, envoyez un email à nobordersmorocco@riseup.net

Destruction à Boukhalef

Après les rafles, les déportations et les assassinats de la premiere semaine d’Octobre, les autorités marocaines continuent de semer la terreur dans les communautés des migrants.
La majorité des  violences étaient jusque-là concentrées sur Cassiago (Ceuta) et Nador (Melilla),mais samedi dernier (10/10/2015) la police a commencé à détruire les campements et les affaires des migrants qui vivent à Tanger.
Suite aux grandses rafles et déportations de juillet dernier, les communautés de migrants qui vivaient dans des maisons squattées se sont retrouvés à la rue. Grace à la force de leur volonté, ces habitants de Tanger se sont construits une vie dans les forêts et les champs aux alentours de Boukhalef, voir la situation ici.
Le samedi 10/10/2015, la police est venue très tôt dans la “forêt camerounaise” à l’entrée de Boukhalef (chez Aswak Assalam, le grand supermarché)), et dans les petites forêts de Sénégalais à coté de l’aéroport. Ils ont détruit les campements, brûlé les dortoirs précaires, arrêté et déporté les gens, et ont rendu la vie des migrants encore plus difficile.
Voilà quelques images et vidéos, prises et filmées par des militants migrants, qui montrent l’étendue des destructions.

 

(en francais, sous-titres en anglais)

 

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Ce qui reste des dortoirs et des bunkers….

 

Et les affaires personnelles, dispersées et détruites.

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Désormais, les inhabitants des ces forêts vont dormir dans la rue, dispersés et sans recours a rien.

Après les expulsions – aux alentours de Boukhalef

Depuis les explusions début juillet, pour les migrant(e)s la situation du logement à Boukhalef ressemble désormais à celle de Cassiago (Ceuta) ou de Nador (Melilla): la plupart des gens vivent dans des forêts, sans abri.

En général, on ne refuse pas à tous les Subsaharien(ne)s de louer une chambre. Mais pour la plupart, ce n’est pas une option car les propriétaires demandent souvent des cautions de deux mois  – pour quelqu’un(e) qui n’a rien, ou pire, un contrat de location – pour quelqu’un(e) qui n’a pas de papiers. Pourtant, il y a des maisons à Doha et à Miznana (deux quartiers avant Boukhalef) où il y a courrament beaucoup des “Blacks”.

Les autres vivent dispersés dans plusieurs forêts aux alentours de Boukhalef. Les gens passent la journée dans les rues de Boukhalef, à la recherche d’un petit business (vendre des cigarettes, du café, faire la coiffure) ou ils/elles demandent la charité.

Quelques forêts sont éloignées, donc il faut marcher au moins 3km, et partout les conditions de vie sont difficiles. Continue reading

Un hommage

Quelques’uns de nous ont eu la chance de faire la connaissance de Simon

David Fidele, le réalisateur de “The Land Between”, a écrit ce petit hommage sur Simon que nous voulons partager.

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Voici Simon – aussi connu sous le nom de “Rasta”.
J’ai rencontré Simon à Tanger, au Maroc, au début de l’année. Je marchais dans la rue et il est venu vers moi avec un grand sourire, m’a serré la main et m’a pris dans ses bras. Je ne l’ai pas reconnu immédiatement mais il m’a rappelé qu’on s’était rencontré dans les montagnes de Gourougou, au Nord du Maroc, une année auparavant. A ce moment, il vivait dans les montagnes avec une centaine de migrants sub-sahariens, rêvant tous de traverser la frontière pour une vie meilleure, en Europe.
Nous nous sommes assis à un café, avons bu un thé ensemble et je lui ai montré mon film. Il l’a beaucoup aimé.
Simon venait de Guinée-Conakry. Il était artiste. Musicien.
Il m’a montré des photos de lui jouant de la musique et il m’a confié que tout ce qu’il désirait c’était aller en Europe pour faire connaître sa musique et continuer à jouer.
Aujourd’hui, nous savons que cela n’arrivera jamais.
Je viens d’apprendre que Simon est décédé la semaine dernière. Il s’est noyé alors qu’il tentait de traverser la mer entre le Maroc et l’Espagne sur un petit bateau de fortune, sans gilet de sauvetage. Selon les dernières nouvelles, plus de 1200 migrants sont parvenus à franchir la frontière la semaine passée. On estime que dans l’espace de cette semaine, une centaine de personnes ont péris dans ce terrible voyage (chiffres non confirmés).
Nous érigeons des murs, nous élevons des barrières et nous pensons que cela permettra de mettre fin aux mouvements de population, à la migration. Mais ce n’est pas le cas.
Cela entraîne seulement des personnes très déterminés à prendre d’énormes risques, parfois fatals.
Chaque migrant à sa propre histoire. Certains sont à la recherche d’un asile, fuyant la guerre ou les persécutions. D’autres sont des « migrants économiques », attendant du travail pour envoyer de l’argent à leur famille.
D’autres encore, sont footballeurs, artistes ou musiciens. Ils attendent de partager leurs talents avec le reste du monde et vont chercher des opportunités qu’ils n’ont pas dans leur propre pays.
Simon cherchait juste l’opportunité de jouer sa musique.
J’ai passé très peu de temps avec Simon mais je sais que sa personnalité, son enthousiasme et sa joie de vivre ont touché beaucoup de personnes pendant son séjour au Maroc.
Voici un titre enregistré au Maroc et appelé « Rasta Man », afin que sa musique continue d’exister :
https://myspace.com/diasporaguinea/music/song/rasta-man-95799271-106745656 (Il faut arrêter la publicité, puis presser « play » pour écouter ce titre).

Violence at the Spanish-Moroccan border

In this video migrants talk about their experienced violence at the Spanish-Moroccan border.
They blame the Spanish Guardia Civil for beating up migrants at the border fences of Melilla and Ceuta, using tear gas against people while they are on the several meter high fences and directly pushing back migrants from Spanish to Moroccan territory through small gates in the fences.
People tell about the Moroccan Forces Auxiliaires hitting migrant’s heads with rocks and iron bars.
The interviews were made at the 7th of April 2014 in Rabat and shown at a press conference of the platform “protection-migrants” at the 15th of April 2014, when different Moroccan human rights organisations demanded the “end of the violence against migrants”. (only in French)

Violence à la frontière hispano-marocaine

Dans cette vidéo, des migrants témoignent des violences qu’ils ont subit à la frontière hispano-marocaine.

Ils accusent la Guardia Civil espagnole de repousser les migrants aux grillages de Melilla et Ceuta, en utilisant des gaz lacrymogènes contre ceux qui sont   à une altitude de plusieurs mètres sur le grillage et de les refouler directement du territoire espagnol vers le territoire marocain par des petites portes dans les grillages.

Des gens racontent que les Forces Auxiliaires marocaines  frappent les migrants aux crânes avec des barres de fer et des cailloux.

Les interviews ont été faites le 7 avril 2014 à Rabat et présentées  à une conférence de presse de la plateforme « protection-migrants » le 15 avril 2014. Plusieurs organisations de droits humains  ont exigé à cette occasion l’ »arrêt des violences à l’encontre des migrants ».

Circulez, on ne sert pas d’alcool aux Africains

Après le scandale des panneaux affichant clairement à la porte de certains immeubles que les Africains y sont indésirables, -une affaire qui a défrayé la chronique ces derniers jours-, en voici une autre, dans la même veine “raciste”, qui mérite d’être dénoncée, qu’importent les raisons ayant motivé la décision suivante.

Celle-ci, qui loge à la même enseigne tous les Africains quelle que soit leur religion, concerne l’interdiction pendant ramadan, de leur vendre de l’alcool dans les grandes surfaces, où je le précise, il est bien vendu aux Occidentaux.

Mais pas aux Africains! Pourquoi TOUS les Africains, alors que la loi n’interdit la vente d’alcool qu’aux Marocains d’obédience musulmane durant ce mois béni? Aucun des responsables commerciaux que j’ai interpellés n’a pu me donner une réponse valable, la plupart se contentant de me glisser: “ça vient d’en haut”. Continue reading